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Finance · 15 septembre 2026 · 09h57

La dette française coûte plus cher qu'à n'importe quel moment depuis 2008

Lundi 14 septembre 2026, le taux d'emprunt de la France à 10 ans a franchi 4,5%, un niveau plus atteint depuis dix-huit ans. Le même jour, le taux à 30 ans grimpait à 5,16%, un sommet qui n'avait plus été observé depuis 2003.

La dette française coûte plus cher qu'à n'importe quel moment depuis 2008

Fred Romero from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Lundi 14 septembre 2026, le taux d'emprunt de la France à 10 ans a franchi 4,5%, un niveau plus atteint depuis dix-huit ans. Le même jour, le taux à 30 ans grimpait à 5,16%, un sommet qui n'avait plus été observé depuis 2003. L'écart avec le taux allemand équivalent, l'indicateur que les marchés utilisent pour mesurer la prime de risque française, a bondi à 0,97 point, son plus haut niveau depuis 2012.

Une hausse qui ne date pas d'hier

Ce seuil n'est pas tombé du ciel. Le taux à 10 ans français évoluait encore autour de 3,53% en moyenne en janvier 2026. Il s'est rapproché des 4% au printemps, puis à nouveau en juillet, avant de franchir ce seuil symbolique mi-août. Le 9 septembre, il atteignait 4,31%. Le 10 septembre, 4,43% selon l'Agence France Trésor. Quatre jours plus tard, le seuil des 4,5% tombait à son tour.

La même cause que ce qu'on documente depuis des semaines

Cette flambée s'explique en grande partie par le contexte international, en particulier les tensions persistantes entre l'Iran et les États-Unis, qui alimentent l'incertitude sur l'approvisionnement énergétique. Le baril de Brent avoisine désormais 105 dollars, contre environ 68 dollars un an plus tôt à la même période, la même dynamique qui a déjà fait grimper le gazole au-dessus de 2,29 euros le litre et pesé sur la notation de la dette française.

Ce que ce niveau de taux représente concrètement pour l'État

Avec une dette publique de 3 536 milliards d'euros, soit 117,5% du PIB, et un programme d'émissions à moyen et long terme prévu à 310 milliards d'euros pour 2026, chaque dixième de point de taux supplémentaire pèse plus lourd qu'il y a quinze ans. Le risque porte un nom en économie : l'effet d'éviction. Plus la part du budget consacrée au remboursement des intérêts augmente, moins il reste de marges pour financer d'autres politiques publiques sans devoir augmenter les prélèvements ou réduire les dépenses ailleurs.

Un effet qui commence déjà à se propager

Les taux de crédit immobilier suivent, avec précaution, cette même trajectoire depuis juin : le taux moyen sur 20 ans s'établit autour de 3,40 à 3,54% en cette rentrée, contre des niveaux plus bas en début d'année, une remontée qui reste pour l'instant progressive mais bien réelle.

Données issues de Taux OAT 10 ans : la dette française au sommet depuis 2008, XTB, 14 septembre 2026, et de OAT 10 ans à plus de 4% : faut-il s'attendre à une remontée des taux de crédit ?, Pretto.

Signé : La Rédaction Parlons Business
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