Il y a un an, l'inflation était pratiquement éteinte en France : les prix ne montaient plus que d'environ 1% sur un an. Ce mercredi matin, l'Insee a annoncé 3% pour septembre, son plus haut niveau depuis début 2024, au-delà même de ce que prévoyaient les économistes.
Article mis à jour le 2 octobre 2026 à 09h05

Photo d'illustration
Il y a un an, l'inflation était pratiquement éteinte en France : les prix ne montaient plus que d'environ 1% sur un an. Ce mercredi matin, l'Insee a annoncé 3% pour septembre. En un mois, le chiffre a bondi de 2,4% à 3%, son plus haut niveau depuis le début 2024. Et il a même dépassé ce que les économistes prévoyaient : le consensus tablait sur 2,8%. La hausse des prix, qu'on croyait derrière nous, est bel et bien revenue.
En septembre 2026, l'inflation atteint 3% sur un an, contre 2,4% en août, selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée le 30 septembre. C'est son plus haut niveau depuis février 2024. Dans le détail, l'énergie augmente de 21,2% sur un an, les produits frais de 9,9%, les services de 2,2%, le tabac de 3,3%. Seuls les produits manufacturés reculent, de 0,3%. Sur un mois, les prix se replient légèrement de 0,3%. L'indice harmonisé européen (IPCH), lui, s'établit à 3,4%.
La cause tient en un événement précis, et l'Insee le pointe sans détour. Avant fin février, les prix progressaient d'à peine 1% par an. Puis le conflit déclenché en Iran, avec le blocage du détroit d'Ormuz, a fait flamber les cours du pétrole et du gaz. Sept mois plus tard, la facture est là : l'énergie coûte 21,2% de plus qu'il y a un an. Ce n'est donc pas une inflation de surchauffe économique, celle qu'on voit quand tout va trop vite, c'est une inflation importée, venue d'un choc géopolitique sur lequel la France n'a aucune prise.
Deux postes tirent tout vers le haut. L'énergie d'abord, avec ses 21,2%, qui se retrouve partout : dans le plein, le chauffage, la facture d'électricité, mais aussi, indirectement, dans le prix de tout ce qu'il faut produire et transporter. Les produits frais ensuite, en hausse de 9,9%, conséquence directe des canicules et de la sécheresse de l'été qui ont abîmé les récoltes. Résultat concret dans les rayons : le prix de l'alimentation dans son ensemble accélère, et la baisse habituelle des prix des produits manufacturés, qui amortissait le choc, s'atténue.
Ce n'est pas qu'une statistique pour économistes. Pour une entreprise, une inflation à 3% tirée par l'énergie, c'est une double pression : ses propres coûts montent, énergie, matières, transport, et en même temps ses clients, dont le pouvoir d'achat s'érode, deviennent plus prudents. Le même jour, l'Insee a d'ailleurs publié un recul des achats de biens des ménages, et une accélération des prix de production dans l'industrie, à 6% sur un an. La vraie question pour chaque dirigeant devient alors mécanique : puis-je répercuter cette hausse sur mes prix sans faire fuir mes clients, ou dois-je l'absorber sur ma marge ? Celui qui a déjà vécu une période inflationniste sait qu'il n'y a pas de bonne réponse unique, seulement des arbitrages, secteur par secteur, client par client.
Un point de méthode, pour ne pas surinterpréter. Ce sont des estimations provisoires, les chiffres définitifs tomberont le 15 octobre. Mais la tendance, elle, est claire, et elle rejoint ce que l'Insee anticipait déjà : une fin d'année sous pression, avec une inflation qui pourrait rester autour de 3% jusqu'en décembre tant que la facture énergétique ne reflue pas. Pour les ménages comme pour les entreprises, la parenthèse des prix quasi stables de l'an dernier est refermée.
Données issues de France : l'inflation grimpe à 3% sur un an en septembre, AFP via Boursorama, 30 septembre 2026, et de France : l'inflation grimpe à 3% sur un an en septembre, La Gazette France, 30 septembre 2026.
Chaque semaine, un chiffre, une décision, un contexte. Nos décryptages ancrent l'actualité dans la mesure du réel.
Voir tous les décryptages →