En cette rentrée 2026, un emprunteur à qui l'on propose 3,50% sur 20 ans peut légitimement se demander s'il obtient une bonne offre. La réponse dépend presque entièrement de son profil, avec un risque méconnu qui pourrait bloquer certains dossiers.

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En cette rentrée 2026, un emprunteur à qui l'on propose 3,50% sur 20 ans peut légitimement se demander s'il obtient une bonne offre. La réponse dépend presque entièrement de son profil : les meilleurs dossiers négocient encore autour de 3%, quand les profils les plus fragiles peuvent payer jusqu'à un point de plus pour le même prêt.
Chez Meilleurtaux, le taux moyen toutes durées confondues s'établit à 3,49%. Vousfinancer affiche 3,40% sur 15 ans, 3,50% sur 20 ans, 3,60% sur 25 ans. Selon Pretto, les grilles ont grimpé d'environ 0,11 point sur ce seul mois de rentrée, pour atteindre en moyenne 3,35% sur 15 ans, 3,40% sur 20 ans et 3,45% sur 25 ans. "Un bon taux, c'est un profil, un dossier", résume Julien Langlade, président de Cafpi. Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires chez Meilleurtaux, évoque des écarts pouvant atteindre "0,6 point, voire jusqu'à un point" entre un primo-accédant avec peu d'apport et un client disposant d'une épargne substantielle à transférer.
Depuis mi-août, l'OAT à 10 ans, le taux auquel l'État français emprunte, reste largement au-dessus de la barre des 4%, une instabilité qui a poussé les banques à revoir leurs grilles à la hausse. Le 10 septembre, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 0,25 point, pour la deuxième fois de l'année, une décision que Pretto identifie explicitement comme un facteur supplémentaire de cette hausse. Artémis Courtage constate des augmentations de 0,10 point sur les durées courtes, 0,15 à 0,20 point sur les prêts de 20 et 25 ans.
Le taux d'usure, le TAEG maximal qu'une banque a le droit de proposer, reste fixé à 5,29% pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus. De nouveaux seuils doivent être publiés fin septembre pour le quatrième trimestre. Si les taux bancaires continuent de grimper plus vite que ce plafond réglementaire, un "effet de ciseau" pourrait se former : certains dossiers se retrouveraient bloqués, non pas parce que l'emprunteur ne serait pas solvable, mais parce que le taux effectif global proposé, assurance comprise, dépasserait ce seuil légal.
Les avis des courtiers divergent légèrement sur l'ampleur à venir. Artémis Courtage estime que les taux immobiliers pourraient dépasser 4% début 2027. Julien Langlade se montre plus prudent, misant plutôt sur 3,70% à 3,80% sur 25 ans d'ici la fin de l'année. Il rappelle un point de méthode utile : "une OAT française au-dessus de 4% ne signifie pas que les banques prêtent aujourd'hui à ce niveau", alors même que le taux d'emprunt de l'État a franchi 4,5% le 14 septembre. Les taux de marché et les taux réellement proposés aux particuliers ne montent pas nécessairement au même rythme.
Fait notable de cette rentrée : plusieurs banques maintiennent des offres promotionnelles lancées au printemps, prêts complémentaires à taux réduit ou décotes ciblées, alors que le contexte de taux ne s'y prête plus vraiment. "Pour l'instant, elles sont encore actives, c'est assez étonnant", constate Guillaume Fourt, qui l'explique par des objectifs commerciaux 2026 pas encore atteints par certains établissements.
Données issues de Crédit immobilier : qu'est-ce qu'un « bon » taux en septembre 2026 ?, Romain Designolle, MoneyVox, 17 septembre 2026, et du baromètre des taux immobiliers, Pretto.
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