Samedi 12 septembre 2026, l'association 40 millions d'automobilistes a lancé une deuxième vague de "Balance ton plein", une manifestation numérique pour faire pression pour une baisse des taxes sur les carburants. Trois jours plus tôt, Bercy avait déjà exclu toute mesure générale.

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Samedi 12 septembre 2026, l'association 40 millions d'automobilistes a lancé une deuxième vague de "Balance ton plein", une "manifestation numérique" destinée à faire pression pour une baisse des taxes sur les carburants. Le principe : sur balancetonplein.fr, chaque participant indique son nom, son email et sa commune, sa signature apparaissant ensuite sur une carte de France. Deux jours après le lancement, plus de 900 signatures s'affichaient rien qu'autour de Paris.
Cette semaine, le gazole s'échangeait en moyenne autour de 2,29 à 2,30 euros le litre, le sans-plomb autour de 2,12 euros, des niveaux supérieurs à ceux qu'on relevait fin août, quand le gazole dépassait déjà 2,24 euros. Le gazole affiche désormais une hausse de 33,3% depuis fin février, date du déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
"Ce plein de carburant tue l'économie française", résume Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes, qui évalue à environ 65% la part de taxes dans le prix payé à la pompe. L'association rappelle par ailleurs qu'une nouvelle taxe européenne doit entrer en vigueur en 2028, l'ETS2 qu'on évoquait déjà dans notre article de fin août.
Le mercredi 9 septembre, soit trois jours avant le lancement de "Balance ton plein", le ministre de l'Économie Roland Lescure avait déjà réuni à Bercy les distributeurs de carburants, aux côtés des ministres Serge Papin et Maud Bregeon. À l'issue de cette réunion, Bercy s'est dit "défavorable" à des "mesures plus générales" d'aide, invoquant la "situation des finances publiques". Le ministère précise que l'État prélève environ 1,10 euro par litre, dont 60 centimes de droit d'accise sur le gazole, 67 centimes sur l'essence, complétés par une TVA à 20%. En lieu et place d'une baisse générale, le gouvernement met en avant des aides déjà ciblées, représentant 1,4 milliard d'euros au total : un guichet "grands rouleurs" prolongé jusqu'au 30 septembre, et des ristournes de 15 centimes par litre pour les agriculteurs, 25 centimes pour les pêcheurs, 20 centimes pour le BTP. Une enquête sur les marges des raffineurs a par ailleurs été lancée.
Cette mobilisation numérique fait suite à une première opération du même nom, lancée en mars 2026 lors d'un précédent pic des prix, qui avait débouché sur une réunion avec les ministres de l'Économie et de l'Énergie et l'annonce de baisses de 10 à 30 centimes par litre par certains distributeurs. Pierre Chasseray a également publié en juin un livre intitulé "BalanceTonPlein, quel est le prix de la vie d'un Français ?", aux éditions Fayard.
Le week-end du lancement, plusieurs responsables de gauche ont affiché leur soutien à d'éventuels mouvements sociaux contre la vie chère. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste et candidat à la présidentielle, a appelé le 11 septembre à descendre dans la rue et à occuper les ronds-points, une référence explicite aux Gilets jaunes de fin 2018, un mouvement lui-même né d'une hausse de la fiscalité sur les carburants.
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