Sébastien Lecornu a multiplié les signaux rassurants envers les chefs d'entreprise, promettant des discussions sur un allègement de la surtaxe des grandes entreprises pour 2027. Son propre ministre de l'Économie a pourtant confirmé son maintien, pour la troisième année consécutive.

Patrice Normand/Leextra via opale, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Sébastien Lecornu a multiplié les signaux rassurants envers les chefs d'entreprise ces derniers jours, promettant des discussions sur un allègement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises pour le budget 2027. Reproduire cette surtaxe à l'identique "enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux", a-t-il déclaré. Le 24 août 2026, sur BFMTV, son propre ministre de l'Économie Roland Lescure a pourtant confirmé que cette même surtaxe serait bel et bien maintenue, pour la troisième année consécutive.
Instaurée par la loi de finances 2025 comme une mesure présentée à l'origine pour un seul exercice, cette contribution vise les entreprises réalisant plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires, avec un prélèvement renforcé au-delà de trois milliards. Elle a d'abord rapporté 8 milliards d'euros en 2025. Prolongée une première fois pour 2026, elle a rapporté environ 7,3 milliards d'euros, bien plus que les 4 milliards initialement envisagés par le gouvernement lui-même. Sa reconduction pour 2027 marquerait donc une troisième année d'affilée pour un dispositif conçu, sur le papier, comme temporaire.
Roland Lescure n'en est pas à sa première hésitation publique sur le sujet. En octobre 2025 déjà, en défendant la prolongation pour 2026, il se disait "pas fan du matraquage fiscal", tout en votant la mesure. Aujourd'hui, sur l'hypothèse 2027, le discours reste identique : "Si on peut la baisser, on le fera, mais aujourd'hui ce n'est pas facile." Un inconfort assumé, répété d'année en année, sans jamais se traduire par une vraie suppression.
Avec cette contribution, le taux global d'imposition des plus grandes entreprises françaises peut atteindre 36,13%, contre une moyenne de 21% dans l'Union européenne. Un écart que le patronat met régulièrement en avant pour dénoncer un désavantage de compétitivité face aux entreprises étrangères.
Le patronat n'a jamais accueilli favorablement ce genre de contribution. Le président du Medef, Patrick Martin, avait prévenu en septembre 2025 qu'une "grande mobilisation patronale" serait organisée si les impôts des entreprises venaient à augmenter davantage. Son vice-président, Thibault Lanxade, avait qualifié une précédente version de ce type de surtaxe "d'injustice totale", en soulignant l'impact disproportionné sur certains secteurs comme la banque.
Données issues de PLF 2027 : le retour de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises confirmé, Le Fiscal, de Budget 2026 : les députés prolongent la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, LCP, et de Budget : le Medef menace d'une "grande mobilisation patronale" si les impôts des entreprises augmentent, Médias24.
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