100+ décryptages publiés
← Tous les décryptages
Terroir & Patrimoines · 30 septembre 2026 · 14h35

Pierre de Bourgogne : l'usine 4.0 de SETP à Comblanchien (12 M€)

Une pierre calcaire née il y a 165 millions d'années, extraite depuis des générations en Côte-d'Or, transformée aujourd'hui par des robots capables de porter 25 tonnes. C'est le grand écart qu'a inauguré SETP à Comblanchien, avec une usine de 6 000 m² et 12 millions d'euros investis.

Des robots et des tailleurs de pierre : le pari de la pierre de Bourgogne à l'usine 4.0

Photo d'illustration

Une pierre calcaire née il y a 165 millions d'années, extraite depuis des générations dans une carrière de Côte-d'Or, transformée aujourd'hui par des robots capables de porter 25 tonnes. C'est le grand écart qu'a inauguré SETP, les 18 et 19 septembre, à Comblanchien. Une nouvelle usine de 6 000 m², 12 millions d'euros investis, et une conviction qui va à rebours des idées reçues sur l'automatisation : moderniser ne veut pas dire remplacer les hommes.

Ce que 12 millions d'euros changent concrètement

L'investissement mérite d'être détaillé, parce qu'il est précis. Sur les 12 millions, 5,5 sont allés dans le bâtiment, 6,5 dans les machines : deux lignes automatiques de surfaçage et de découpe, et deux AGV, ces véhicules à guidage automatique qui déplacent seuls les tranches de pierre, jusqu'à 25 tonnes chacune. Le gain est mesurable : SETP passe d'une capacité de 100 000 m² de revêtement par an à 150 000 m². L'investissement s'accompagne de 20 recrutements, portant l'effectif à 250 personnes. Pour une entreprise qui investit en moyenne 4,5 millions par an depuis cinq ans, débloquer 12 millions d'un coup marque un vrai changement d'échelle.

Le détail qui raconte tout : 13 tailleurs de pierre au milieu des robots

Voici ce qui rend ce dossier différent d'une simple modernisation d'usine. Au cœur de ces lignes automatisées ultramodernes, treize postes de tailleurs de pierre subsistent, à la main. Le geste ancestral n'a pas disparu, il cohabite avec le robot. C'est un choix, pas un vestige : certaines pièces, certaines finitions, certaines commandes sur mesure ne peuvent tout simplement pas être confiées à une machine. L'automatisation a pris en charge les tâches lourdes et répétitives, le port des tranches, le surfaçage, la découpe standard, pour libérer l'humain sur ce qu'il fait mieux qu'une machine. C'est exactement le modèle que cherchent beaucoup de dirigeants industriels : automatiser sans déshumaniser.

Pourquoi une carrière investit autant en pleine incertitude

La question mérite d'être posée : pourquoi engager 12 millions quand la conjoncture inquiète ? La réponse tient au marché visé. SETP réalise 70% de son activité dans l'aménagement urbain, places, trottoirs, espaces publics, un secteur qui se tourne de plus en plus vers des matériaux durables et locaux plutôt que vers le béton ou la pierre importée. La pierre de Comblanchien, extraite sur place, transformée sur place, coche toutes les cases du "produit local à faible empreinte". L'entreprise parie que cette demande va durer, et s'équipe pour ne plus avoir à sous-traiter une partie de sa production.

Un leader discret qui grossit par croissance externe

Dernier élément, souvent absent du récit : SETP n'est pas qu'une carrière qui s'agrandit, c'est un consolidateur. Avec 30,8 millions d'euros de chiffre d'affaires sur son dernier exercice, l'entreprise familiale a racheté en février le voisin Sogepierre, dans le Châtillonnais, intégrant ses 40 salariés. La nouvelle usine s'inscrit dans cette logique : devenir le point de passage obligé de la pierre naturelle française, en maîtrisant toute la chaîne, de l'extraction au produit fini. Un patrimoine géologique de 165 millions d'années transformé en stratégie industrielle très contemporaine.

Données issues de SETP inaugure sa nouvelle usine de 12 M€, Journal du Palais, 30 septembre 2026, de À Comblanchien, SETP investit et taille la pierre de demain, Dijon Beaune Mag, et de SETP se dote d'une extension ultra-moderne, L'Usine Nouvelle.

Signé : La Rédaction Parlons Business
L'économie décodée

Continuez de décoder l'économie française.

Chaque semaine, un chiffre, une décision, un contexte. Nos décryptages ancrent l'actualité dans la mesure du réel.

Voir tous les décryptages →
À lire aussi
Bull à Angers : l'usine de supercalculateurs que l'État a sauvée
Décryptage

Bull à Angers : l'usine de supercalculateurs que l'État a sauvée

Vulkam : la 1re usine française de métaux amorphes ouvre en Isère
Décryptage

Vulkam : la 1re usine française de métaux amorphes ouvre en Isère

Schneider Electric Chasseneuil-du-Poitou : pourquoi cette fermeture d'usine
Décryptage

Schneider Electric Chasseneuil-du-Poitou : pourquoi cette fermeture d'usine