145 salariés de l'usine de Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne, se verront proposer des solutions de reclassement après l'annonce de la fermeture de leur site. Ce grand écart avec les investissements du groupe ailleurs en France n'a rien d'inédit.

Kakoula10, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
145 salariés de l'usine de Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne, se verront proposer des solutions de reclassement après l'annonce de la fermeture de leur site. Trois communes de l'Eure vivent la même annonce au même moment. Dans le même temps, Schneider Electric investit 150 millions d'euros et ouvre une nouvelle usine ailleurs en France. Ce grand écart n'a rien d'inédit : depuis le rachat de l'activité moyenne tension d'Areva en 2010, la CFDT recense déjà une dizaine de sites fermés, la Pompignane, Villeurbanne, Fabrègues, Petit-Quevilly, Saint-Soupplets, Télécontrol, avant les vagues plus récentes de Saumur, Montpellier, Grenoble en 2021, Bourguébus en 2023, Privas et Montélimar en 2024.
Derrière le mot technique, une réalité plus dure. Lors de la fermeture des sites de Privas et Montélimar en 2024, le délégué syndical FO Carlos Marques décrivait le ressenti des 130 salariés concernés comme "un mélange de haine, de tristesse et de dégoût." Face à ce type d'annonce, la CFDT réclame systématiquement des mesures sociales renforcées : davantage d'offres de reclassement à proximité des sites fermés, un allongement du congé de reclassement, et une prime pouvant atteindre 25 000 euros par salarié. Ce sont ces mêmes types de négociations qui s'ouvrent aujourd'hui pour les 145 salariés de Chasseneuil-du-Poitou.
Le communiqué officiel de Schneider Electric sur Mâcon, Aubenas et Chartres-de-Bretagne révèle une logique précise : ces trois sites ne produisent pas la même chose en parallèle, ils se complètent dans une même chaîne. Aubenas fabrique des interrupteurs et disjoncteurs qui alimentent ensuite les tableaux assemblés à Mâcon, pendant que Chartres-de-Bretagne fournit une autre gamme d'équipements. Rapprocher des sites qui travaillent en chaîne réduit mécaniquement les coûts et les délais de transport entre chaque étape de fabrication, et permet aussi de concentrer les compétences techniques sur un même bassin d'emploi plutôt que de les disperser. Un site isolé, qui ne s'insère pas dans cette chaîne de spécialisation, devient structurellement plus difficile à justifier au sein de cette architecture industrielle, même s'il fonctionne correctement pris isolément.
Schneider Electric a affiché un bénéfice net de 4,3 milliards d'euros en 2024, en hausse de 7% sur un an. Selon Carlos Marques, le groupe venait au même moment de débourser 5,5 milliards d'euros pour finaliser le rachat d'une usine en Inde, tout en refusant d'investir 6 millions d'euros pour maintenir l'activité du site de Privas.
Au moment de la fermeture de Privas, les syndicats évoquaient déjà l'existence d'un plan baptisé "Cap2030", devant être présenté par la direction générale du groupe pour définir la trajectoire industrielle de Schneider Electric à l'horizon de la décennie. L'annonce de Chasseneuil-du-Poitou et des sites de l'Eure s'inscrit dans cette même dynamique de réorganisation amorcée depuis quinze ans, sans que son terme ne soit encore connu.
Données issues de Schneider Electric prévoit la suppression de 130 emplois à Privas, FO se mobilise, Force Ouvrière, de Schneider-Electric : la CFDT s'insurge du lancement de 3 PSE et de la suppression de 400 postes dans la moyenne tension, CFDT FGMM, et du communiqué officiel sur l'investissement à Mâcon, Aubenas et Chartres-de-Bretagne, Schneider Electric.
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