Depuis le début de l'année, l'activité du secteur privé français se contractait, mois après mois. En septembre, elle est repartie : l'indice PMI est remonté à 51,2, son plus haut depuis 25 mois. Reste la question que tout dirigeant se pose : reprise, ou simple sursaut ?

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Depuis le début de l'année, l'activité du secteur privé français se contractait, mois après mois. En septembre, elle est repartie. L'indice PMI, qui mesure le niveau d'activité des entreprises, est remonté à 51,2, son plus haut depuis 25 mois, alors que les économistes attendaient encore un chiffre sous la barre. Au-dessus de 50, l'activité progresse. En dessous, elle recule. Pour la première fois depuis longtemps, l'aiguille est repassée du bon côté. Reste une question que tout dirigeant se pose : est-ce le début d'une reprise, ou un simple sursaut ?
Le PMI n'est pas une statistique de plus. Contrairement aux chiffres de croissance publiés avec des mois de retard, c'est une enquête menée directement auprès des directeurs d'achats des entreprises, sur ce qu'ils constatent en temps réel : commandes, production, emploi, prix. C'est pour ça qu'on l'appelle un indicateur avancé : il donne le pouls de l'économie avant tout le monde. Quand il repasse au-dessus de 50 après huit mois sous la barre, ce n'est pas rien.
Un seul moteur, et il faut le savoir. Ce sont les services qui portent tout, avec un indice bondi à 51,4, leur meilleur niveau en dix mois. L'industrie manufacturière, elle, ne suit pas : sa production a même légèrement reculé, tout juste au-dessus de la ligne de flottaison. Le rebond n'est donc pas général. Il concerne les cabinets, les agences, le conseil, la restauration, le commerce, tout ce qui vit de la demande intérieure. L'usine, elle, reste à la traîne, exactement comme les mois précédents.
Voici où la prudence s'impose, et les chiffres eux-mêmes invitent à la retenue. Trois signaux tempèrent l'enthousiasme. D'abord, les nouvelles commandes n'ont progressé que très légèrement : les entreprises produisent plus, mais leur carnet ne se remplit pas franchement. Ensuite, l'emploi continue de reculer, les patrons ne recrutent pas, signe qu'ils ne parient pas encore sur la durée. Enfin, et c'est le plus gênant, les prix facturés repartent à la hausse, tirés par le carburant et l'énergie, la même pression que les entreprises subissent depuis des mois. L'économiste de S&P Global qui a commenté l'enquête l'a dit lui-même : le caractère durable de cette expansion est "discutable".
Un mois ne fait pas une tendance, et l'Insee n'a pas modifié son scénario. Dans sa note de conjoncture du 10 septembre, l'institut maintenait une prévision de croissance de seulement 0,4% pour 2026, avec une fin d'année molle. Ce rebond des services est une vraie bonne nouvelle, la première depuis longtemps, mais il ne suffit pas à lui seul à inverser la trajectoire de l'année. Pour un dirigeant, la lecture juste n'est ni l'euphorie ni le pessimisme : c'est un signal encourageant qui demande confirmation sur un ou deux mois de plus avant d'engager quoi que ce soit. On ne réembauche pas, on ne réinvestit pas sur un seul chiffre, même quand il est bon.
Données issues de PMI France : le secteur privé rebondit à 51,2 en septembre, au plus haut depuis deux ans, France Épargne, et de France/PMI : le secteur privé renoue avec la croissance, Reuters via Boursorama, 23 septembre 2026.
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