Le 30 juillet 2026, le tribunal de commerce de Toulouse liquide le site Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. 270 emplois supprimés, un passif proche de 105 millions d'euros. Six semaines plus tard, ce même tribunal décide de laisser une dernière chance au second site du groupe, à Saint-Gaudens.

Patrice Bon, CC0, via Wikimedia Commons
Le 30 juillet 2026, le tribunal de commerce de Toulouse liquide le site Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. 270 emplois supprimés, un passif proche de 105 millions d'euros. Six semaines plus tard, ce même tribunal décide, à l'inverse, de laisser une dernière chance au second site du groupe, à Saint-Gaudens.
Depuis 2021, le prix du bois de trituration, la matière première du groupe, a grimpé de 50%. Dans le même temps, le tarif auquel EDF rachète l'électricité produite par les usines à partir de biomasse reste bloqué entre 105 et 120 euros le mégawattheure, très en deçà de ce que touchent des concurrents comme le site de Gardanne. Les syndicats le répètent depuis des mois : une distorsion de concurrence que les organisations professionnelles elles-mêmes reconnaissent, sans qu'elle ne se corrige.
Le 26 février 2026, le ministère de l'Industrie annonce un dispositif de 150 millions d'euros pour sécuriser les deux sites, à une condition : que l'actionnaire Jackson Wijaya mette lui aussi la main à la poche. Il ne l'a jamais fait. Fin avril, Fibre Excellence tombe en redressement judiciaire.
En juin, le banquier Matthieu Pigasse dépose, via le groupe Combat Holding, une offre de reprise globale des deux sites. Elle réclamait un effort de l'État sur le tarif de rachat de l'électricité et sur l'approvisionnement en bois. Le rejet de cette offre, début juillet, ne résulte pas d'un abandon du projet mais de conditions qui n'ont pas pu être réunies dans le calendrier fixé par le tribunal.
Le 30 juillet, faute de repreneur pour ce site précis, le tribunal liquide Tarascon. Le 6 août, il convertit la procédure de Saint-Gaudens en liquidation judiciaire lui aussi, mais autorise l'usine à continuer de tourner jusqu'au 15 septembre, le temps qu'une offre de reprise se construise.
Le 8 septembre, une audience se tient à Toulouse. La Région Occitanie présente un dossier désormais financé, 2 millions d'euros de l'État, 3,5 millions de la Région. Le parquet recommande d'accorder trois mois supplémentaires. Le 15 septembre, le tribunal tranche : trois mois de sursis, avec dépôt des offres de reprise fixé au 22 octobre à midi.
270 salariés à Saint-Gaudens, autant à Tarascon avant sa liquidation. On a beau connaître ce genre de dossier de l'extérieur depuis des années, il y a quelque chose qui reste toujours suffocant dans l'attente d'une décision de tribunal quand des centaines de familles vivent de la même feuille de paie. Une machine à papier ne s'arrête jamais complètement sans dommage, on ne relance pas une cuve de pâte comme on rallume une lumière. Depuis le 21 juillet, les salariés de Saint-Gaudens occupent eux-mêmes leur usine, en attendant de savoir s'il leur en restera une.
Données issues de Fibre Excellence : trois mois de sursis accordés par le tribunal de commerce à l'usine de Saint-Gaudens, L'Usine Nouvelle, 8 septembre 2026, et de Fibre Excellence : après la liquidation de Tarascon, un mystérieux investisseur relance l'espoir à Saint-Gaudens, Le Journal Toulousain.
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