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Business · 24 septembre 2026 · 13h45

Faillites d'entreprises France 2026 : stabilisation du nombre, mais des défaillances plus lourdes

Depuis 2022, le nombre d'entreprises françaises qui déposent le bilan grimpait sans répit. Fin juillet 2026, la Banque de France constate une pause. Mais derrière cette accalmie statistique, l'AGS raconte une tout autre histoire côté salariés : des faillites moins nombreuses, mais plus lourdes.

Faillites d'entreprises : la vague cesse de monter, mais chaque chute fait plus mal

Image générée à but illustratif

Depuis 2022, un chiffre grimpait sans répit : celui des entreprises françaises qui déposent le bilan. Fin juillet 2026, pour la première fois depuis longtemps, la Banque de France constate autre chose. Le cumul sur douze mois s'établit autour de 70 600 procédures, un niveau proche des mois précédents. La courbe ne s'envole plus. Elle marque une pause. Mais derrière cette accalmie statistique, les mêmes semaines racontent une tout autre histoire côté salariés.

Une stabilisation, pas une amélioration

Le mot mérite d'être manié avec prudence. Une stabilisation ne veut pas dire que le nombre de faillites baisse, seulement que sa hausse ralentit. On reste sur un plateau très haut, bien au-dessus des niveaux d'avant la crise sanitaire, autour de 51 000 en 2019. Les effets cumulés de plusieurs années de coûts élevés, d'énergie chère et de crédit resserré continuent de peser sur les structures les plus fragiles, en particulier celles nées pendant la période d'argent bon marché, aujourd'hui rattrapées par des conditions bien plus dures.

Pourquoi l'AGS, elle, parle toujours de record

Au même moment, le régime qui avance les salaires des employés d'entreprises en difficulté, l'AGS, tient un discours nettement plus sombre. Sur le seul premier semestre 2026, il a déboursé 1,31 milliard d'euros, en hausse de 19,4% sur un an. S'il maintient ce rythme, il franchira sur l'année un seuil jamais atteint depuis sa création : 2,6 milliards d'euros. Comment concilier une stabilisation du nombre de faillites et un record d'argent versé aux salariés ? La réponse tient dans la nature même des défaillances.

Ce que veut dire "des faillites plus lourdes"

Christian Nibourel, président de l'AGS, résume le basculement en une phrase : "Les défaillances ne sont pas plus nombreuses, elles sont plus lourdes." Le montant moyen avancé par salarié le confirme, 8 294 euros à fin juin 2026 contre 7 779 euros un an plus tôt. La part des moyennes et grandes entreprises augmente parmi les dossiers suivis. Quand une TPE de trois personnes ferme, c'est un drame humain, mais un choc économique limité. Quand une entreprise de plusieurs centaines de salariés tombe, elle emporte avec elle des sous-traitants, des fournisseurs, parfois tout un bassin d'emploi. C'est ce type de dossier qui progresse.

Un exemple qui donne la mesure

Antonin Blanckaert, directeur général de l'AGS, cite le verrier Arc, dans le Pas-de-Calais, placé en redressement judiciaire en janvier 2026 puis repris en mars, comme un dossier "exceptionnel de par son ampleur, de par les volumes financiers sur lesquels on intervient, avec des salaires et une ancienneté moyens plus significatifs que dans d'autres secteurs." Un seul dossier de cette taille pèse davantage, sur les comptes de l'AGS, que des centaines de petites liquidations.

Une carte de France très inégale

La moyenne nationale masque de fortes disparités régionales. Au premier trimestre 2026, la Nouvelle-Aquitaine (+17,8%), la Bourgogne-Franche-Comté (+19,6%) et le Centre-Val de Loire (+16%) concentrent les hausses les plus fortes selon Altares. Les Hauts-de-France affichent, eux, une progression spectaculaire du nombre de salariés accompagnés par l'AGS, +121,9% sur un an, plus de 14 000 personnes concernées. À l'inverse, la Normandie, les Pays de la Loire et la Corse enregistrent une amélioration sur la même période. Un chef d'entreprise sait bien que la conjoncture nationale ne dit jamais tout : ce qui compte, c'est l'état réel de son carnet de commandes et de ceux de ses clients, sur son territoire.

Données issues de Le nombre de faillites d'entreprises pourrait atteindre entre 71 000 et 75 000 d'ici la fin de l'année 2026, France Inter via franceinfo, de la Banque de France, Défaillances d'entreprises, données de juillet 2026, et de l'Étude Altares Défaillances et sauvegardes d'entreprises, 1er trimestre 2026.

Signé : La Rédaction Parlons Business
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